jeudi 16 mars 2023

Le deuil de papa-gouvernement




























Maintes fois remaniées, retranscrites, allégées. Jamais publiées. 
Des dizaines d’ébauches de texte ont voulu naître
Sous mes doigts nerveux, révoltés, impuissants
Prendre la parole peut couter cher 
La menace de représailles bien palpable 
Dans un malaise social qui cherche nerveusement -et trouve souvent
Son bouc émissaire.
Je n’aurais jamais pensé dans ma vie 
Vivre l’expérience 
De trembler avant de publier.
Que de partager opinions et observations
Dans un élan de contribution 
Devienne stratégie hautement risquée 
Pour ne pas imploser.


Depuis l’automne 2020, j’ai suivi malgré moi un crashcourse en macropolitique, macroéconomie, en macrosanitaire. J’ai constaté les modes de manipulation, de domination, de surveillance et de contrôle qui ont façonné l’histoire humaine. 
Depuis les trente glorieuses 
Et malgré les années glauques qui ont suivi (80s?)
Nous nous étions crus privilégiés
Une classe moyenne se croyant souveraine 
Vivant sans trop de contraintes apparentes 
Maitre et libre au centre de sa sphère d’influence 

Aussi humble fut-elle.



Après des années à explorer les mouvances intérieures, la présence, l’intuition, l’intelligence des émotions, voilà que l’extérieur venait jouer dans ma cour, piétiner mes plates-bandes, annuler mes projets… and it finally got my attention.


Morpheus tend ses mains ouvertes vers Neo, une pilule dans chaque main : bleue ou rouge? Réconfort ou lucidité? Aller dans le sens du poil de la conformité ou oser mettre en doute et risquer l’ostracisation? Which one will it be?






 

Une des histoires que je veux raconter c’est celle d’un deuil. Le deuil de papa-gouvernement, de l’État-providence. Un caregiver bureaucratique que je percevais comme loin d’être parfait bien sûr, mais ultimement bienveillant… surtout en temps de crise. Jusqu’en 2020, j’avais toujours approuvé la position un peu plus socialiste du Québec avec l’influence marquée de l’État dans les sphères sociale et économique. J’avais l’impression que ce penchant à gauche atténuait quelque peu (bien que de moins en moins) l’influence sauvage des grandes multinationales et oligarchies de ce monde.



Persistaient toujours dans ma psyché les échos mythiques de la Révolution tranquille, de René Lévesque, de la nationalisation des ressources, des efforts d’inclusion et de soutien social à travers des décennies marquées de crises économiques, crises sociales, crise de l’emploi, crise de sens.



Arrive 2020. Après 6 mois d’adhésion rigoureuse aux consignes (mes épiceries passées au push-push d’eau de javel), des questions inconfortables surgissent, se multiplient, les réponses m’échappent ou me troublent, je constate incohérences, manipulations médiatiques, omissions de faits importants, des intervenants sincères sont ridiculisés. On passe sous silence des principes fondamentaux de santé globale. À l’été 2020, 50 000 personnes marchent pacifiquement dans les rues de Montréal pour critiquer les mesures démesurées : silence radio médiatique! Ce fut mon wake-up call. Ces plateformes d’information censées donner voix aux différents points de vue et positions. Rien. Même Radio-Can qui avait depuis longtemps sa place bien au chaud dans mon coeur de Canadienne a mari usque ad mare : Nothing. Le Devoir, dernier semi-rebelle des grands journaux? Niente. Et toi Josée B., chroniqueuse allumée adorée, ne nous offres-tu pas quelque bribe de lucide indignation? Non. 



Depuis trois ans maintenant, cette tendance au silence persiste (alors que surviennent d’énormes manifestions populaires pacifiques, études contredisant le narratif officiel, témoignages de détresse, etc.). Si le silence est brisé, c’est typiquement dans l’expression d’un biais défavorable envers les opinions divergentes. Incitation à la division, à l’exclusion, à la peur, à la haine.





























Faire le deuil d'un système représentatif 

Où personne n'est représenté, en réalité 
Programmation, décisions arbitraires, imposition 
Intimidation, état policier pour les non masqués
Faire le deuil d'un parti qui faillit à son devoir 
De défendre les intérêts du peuple 
De débattre de bonne foi les différentes avenues possibles



Être témoin d’une gestion de crise sans transparence 
Une machine médiatique défendant avec acharnement 
Une seule lecture de la situation
Une solution unique à tous maux 
My body my choice mais pas quand your choice
Nous embête
Des mesures liberticides aux vertus plus que discutables 
Vendues à coup de millions publicitaires 
Hypnotisant une population isolée et PTSD
Campagne de censure vitriolée 
Voix dissidentes bâillonnées 



Et je reviens au deuil. Le deuil d’un papa-gouvernement (imparfait, mais) bienveillant. Elisabeth Kubler-Ross découpe le processus du deuil en cinq stades. Le processus n’est pas linéaire, les étapes se chevauchent et les u-turns sont fréquents.


1. Déni : #cavabienaller 
Ça va être correct, on est entre bonnes mains, les instances d’autorité s’informent rapidement et leur plan d’action sera le plus efficace possible. Il y a des incohérences, mais nos dirigeants font de leur mieux. On suit la ligne de la précaution et du gros bon sens. It’s all good.


2. Colère : #cavamalencriss 
C’est quoi ça l’idée de fermer les petits commerces et de garder ouvertes la SAQ et la SQDC comme services essentiels, comme SERVICES ESSENTIELS, jeezus christ! Ça fait la file (interminable) pour leur pinot grigio pendant que les petits entrepreneurs meurent et que les Amazon Netflix Apple de ce monde accusent une hausse de profits exponentielle! What a shit show!


3. Marchandage : #ouimais 
Bon bon OK, ça va surement se calmer cet été, je vais quand même pouvoir offrir mes ateliers à l’automne. Si les gens se réveillent et se tiennent debout un peu, le gouvernement ne pourra pas imposer un autre confinement, jamais j’croirai! La PCU adoucit l’effet déprimant de la tyrannie sanitaire, I’m good for now. Je me croise les doigts.


4. Dépression : #cityofthewalkingdeads 
Yarke, yar-ke, tous ces gens avec leurs masques, même dehors! Même seuls dans leur voiture! Les gens ne se donnent même plus la peine de chercher le contact visuel en se croisant sur le trottoir, de se rencontrer dans les yeux, faute de pouvoir se voir la face. À chaque fois que je rentre dans un commerce avec mon face-diaper, j’ai honte, j’ai mal à mon humanité, je me sens lâche. J’ai honte quand je croise le regard d’un bébé dans son carrosse : “ ben oui, c’est ça le monde dans lequel tu viens de retontir mon cher toddler, une gang d’humains qui vivent dans la peur et la confusion! Bonne chance! ” J’entends des témoignages d’éducatrices qui constatent que certains bébés à la garderie expriment peur et épouvante quand leur éducatrice… enlève son masque!


5. Acceptation : #mieuxvautardquejamais 
OK, OK, OK. La situation est difficile et hautement volatile. Faisons limonade avec citrons et focalisons sur le silver lining
Kossé faire maintenant? Lequel des deux loups nourrir? Fist thing : getting the hell out of this city!



 


Ainsi se compléta mon deuil de papa, 
L’idée d’un big daddy veillant maladroitement 
Sur un équilibre sociétal précaire. 
À présent, je vois la scène politique pour ce qu’elle est réellement : 
Une scène. 
Et je comprends maintenant - sans amertume - 
Que les principaux acteurs sur scène se foutent com.plè.te.ment 
Du bien-être commun. 
Cette lucidité m’aide à mieux naviguer 
les possibilités d’action qui s’offrent à moi maintenant.





 

Ouvrir les yeux, me relever les manches
Reconnaitre avec stupéfaction
Mon manque aigu de connaissances et de compétences 
Dans tous les domaines essentiels 
De la vie hors-les-murs-de-consommation-industrielle
Et ce, malgré les sacrifices de ma mère 
Qui s’était “fendue en quatre”, disait-elle
En misant sur mon éducation
De la maternelle au cégep j’ai survécu
Costumée et bien programmée au privé



Garder le coeur tendre malgré les peurs et les incertitudes
Déménagée sur bord de rivière

J’apprends maintenant des notions basiques basiques basiques
D’autonomie alimentaire et énergétique (#mieuxvautardquejamais ici aussi)
Je rencontre des gens aux parcours si variés
Des gens que je n’aurais même pas regardés 
Avant
Ralliés que nous sommes maintenant
Par le défi commun d’apprendre à se réinventer
En ces temps si incertains et à travers les apparentes accalmies

Sortir graduellement de l’hypnose.





dimanche 10 novembre 2019

Alive and awkward



*
Plus de deux ans sans publier sur la Fullness
Maybe one can only write so much,
Like a set amount of meaningful content per month or season or year
Avec l'école et la rédaction de travaux qui tapisse mon quotidien cognitif,
Avec l'écriture manuscrite du matin qui continue non-stop depuis 2004,
Avec les casual et multiples communications écrites qui dérangent et relancent,
À un moment donné j'me dis,
Il y a d'autres choses à faire que de déverser des mots,
D'autres mots dans l'espace du Vivant.

Me voici alors en plein délit
D'en écrire quelques autres ici

Pour la célébration radicale
D'être là, d'être qui je suis et de prendre parole
Je pénètre l'espace de la Plénitude avec excitation, tiraillement
Maladresse et grâce : assurément

Chaque pas qui résonne chaque odeur
Chaque poids ressenti sur le coeur
Chaque mot choisi ou supprimé
Se vivant dans l'écrin divin

Un privilège que d'écrire, de témoigner
D'entrer dans le temple un dimanche gris
Quand la muse me séduit
Plus qu'un vieux Seinfeld ou qu'un Cozy

Me mojo wanting the rhythmic tumblings
And potential understandings

Understanding as I go, as I write and expose the once imploded
Les micro-décisions prises consciemment ou non
Les petites révérences accordées regrettées,
Volontairement ou non

Je veux parler de cet enveloppement
Certains l'appellent présence, d'autres, acceptation
D'autres notre essence, d'autres nos anges
Cet enveloppement

I come back fully alive awkward and vibrant
Cet enveloppement enveloppe tout ce qui surgit dans mon expérience
La nervosité en dents de scie, les réflexes calculateurs, la part du puit-sans-fond
la partie boss-des-bécosses, la partie qui se redresse,
Celle qui pourrait arracher la tête de l'autre qui gigote qui stresse
Celle qui pourrait mordre, fort. Celle qui souhaite le commun accord,
Celle qui veut acheter la paix, la bonne entente à tout prix 
Pas d'exclu, pas de jugement, pas de non-dit
Celle qui aspire à toutes les belles émotions expansionnantes 
Les beaux états béats
Celle qui veut sex-fusionner like there's no tomorrow, 
Celle qui ne veut pas de lendemain
Celle qui ne comprend rien 

L'enveloppement est doux, inodore même si ça goûte bon
L'enveloppement est total
C'est le background, c'est le ground.
Tu ne peux mettre pied où il n'est pas - essaie même pas.
Imagine plutôt de grands bras bienveillants
Qui te prennent par derrière, amoureusement
Et enveloppent tout ce que tu es
Tout ce que tu es, et ta colonne se réchauffe
Et les surrénales relaxent
Et comme dit Ram Dass à la fin de Fierce Grace :

This moment is alright.
Now this moment is alright.



































__________
Ce billet vivant et awkward est dédié à Nathalie V.
T'étais une fan de la Fullness, et je suis une fan de toi. BFF (best fans forever)!

jeudi 15 juin 2017

Something about midafternoons


Something about mid-afternoons
Something about the quiet hum behind the city's groan


























Something about laundry drying in soft sunny wind
Something about back alleys
Something about city flats with open doors
Something about growing vines amidst neighboring balconies
And a radio playing in the distance
And some work being done somewhere
And the occasion flute or violin notes flying, some guitar playing
And even the neighbor's return with his returning strentgh shouting once again "Farme ta yeule!"

Pourtant ce mi-temps de l'après-midi revêt souvent un visage anxieux
Éparpillement, pas assez de temps
Pour  commencer quelque chose avant les cours du soir
Sautillage, grignotage, pivotage, tête occupée à trouver
L'avenue de repos, de satisfaction, de stabilité

Mais aujourd'hui la douceur m'envahit
Et transforme jugement en contemplation
Tâches ménagères en appréciation
Même sans laveuse, même sans corde à linge
Everything is right where it should be
Sweetness unfurling in the back alley







mardi 7 mars 2017

My hero



This little girl : my hero.
Me souvenais du moment. Pivot.

6 ans, avant de perdre mes dents d'en avant
Parmi les photos prises cette journée
C'est ELLE que je voulais récupérée

En visite chez mon père - événement rarissime -
J'ai compris plus tard la bénédiction cachée
[Pas d'être sans-père mais] de ne pas avoir côtoyé
Ce père-là tant que ça
Le sentiment de sécurité s'évapore soudain
La femme de mon père et sa fille quittent jusqu'au lendemain
Pour ainsi nous laisser
Un temps-père-fille de qualité

Je ne sais pas c'est quoi moi. Un père.
Je n'ai aucun point d'appui, à part le désert.
Tricot d'anxiétés mindgames d'enfant
Si je pile sur la craque du trottoir ma mère meurt maintenant
Pas de papa chez moi pas de chien pas de chat
Et voilà mon père qui dort sans pyjama
Parle de choses bizarres qui me font sentir loin du nid
Il parle surtout de lui

Ce qui se passe sur cette photo : une stratégie
Naturelle, et qui me touche aujourd'hui
Une manoeuvre de protection
Brandir un chat pour contrer l'invasion
Matou devant petit corps

Avant que les choses se figent s'enfouissent
This little girl - tight lips hands in fist
Knew what to do

Sur les autres photos de cette série
Il y a déjà mutation une forme d'adaptation
Dans l'inconfort géant à gérer
Des sourires peu sincères adressés à l'inconnu
Des poses posées. Se sentir à nue

My hero, petite mp retro
Avec chandail préféré pink panther
J'écris un billet à ton honneur
Pour ton instinct de VIE : recruter chat, te sauver du grand lit
Pour l'innocence le besoin d'amour
Pour la confusion survécue
Tu as fait tout ce que tu as pu

Il y a un héros bien vivant au creux de chacun
Celui ou celle qui était là
Quand quelque chose flippa
Que fait-on ensuite quand les chats viennent à manquer
Quels remparts quelles stratégies employer
Où se trouve maintenant enfouie
La force héroïque qui dissipe l'ombre et discerne à la seconde

Our best inborn protector
The Ultimate Bullshit Detector
La force qui prévalait avant
Qu'on s'embauche un gérant
Avant l'inévitable montée
Dans la haute tour barricadée

La vie comme une grande boucle, TS le résume bien ici
Se retirent cataractes s'adoucit myopie :

We shall not cease from exploration, 
and the end of all our exploring 
will be to arrive where we started 
and know the place for the first time - T.S. Eliot



lundi 3 octobre 2016

Trésor enfoui


























J'te jure le timing fut comme ceci :
Je traverse le vaste nombril du parc Jarry
J'ai fait mes stretchings et similis bench-updog-pressings

J'aperçois une pelle d'enfant oubliée le dimanche d'avant
Dans mes oreilles au même moment
La voix de Socalled qui dit : "We are buried treasure"
Buried treasure
Et l'univers présente une pelle!
Le lien se fait, après petit délai, je souris
J'adore ce genre de clin d'oeil mais hésite à saisir l'objet blanc
Qui est tout sale et m'encombrerait surement
Dans ma sadhana sans sac sans sacoche
Alors que j'arpente mains libres épaules s'ouvrant
So free and bouncy dans ce vaste enivrant

Les paroles reviennent encore :

This is straight from the horse's mouth
We are buried treasure
Vagabonds travellin' on gravel ponds
Battle's going strong forever, ever (...)
Ride like a tumbleweed rollin' free
At night I look to the stars
That's when I heard a voice speak to me
You are not alone


Buried enfoui enterré
Alors que je reviens dans la cité
Des traces cachées dans les flancs dans le ventre
Des corsets de respiration pour compenser
Pour ne pas ressentir, pour se protéger
Est-ce que je veux vraiment y creuser?
Ouvrir la boite de pandore
A can of worms, le coffre aux trésors

Ces questions visitent alors que j'envisage des voies d'enrichissement
Pour consolider acquis, pour prendre parole autrement
Prochaine étape (de vie) : quelle forme prendra mon travail, mon offrande
Je me vois offrir ateliers conférences occasions de connexion
Brainstorming, inspired mingling,
Ludique enracinant énergisant
Intensité et sérénité ne s'excluant

Ainsi déborder librement du yoga
Sans jeter le bébé avec l'eau du bain. Cette fois-là
La maturation pointe vers le corps
Comme source de sagesse comme coffre aux trésors
Des avenues de développement
Sur les bancs d'université pour le contenu et la crédibilité
En psycho-corporelle pour l'humanité respirable et respirée

Rendre conscientes les strates d'enfouissement
L'exigence d'être présent
D'occasionnellement se mettre à nu
Au lieu de se terrer de se mettre hors de vue
We are buried treasure

Visiter les parties blessées, les angles mort-dants
Ok mais je buck un peu avec le thérapeutisant
La tendance à rester dans ses bibittes, ses blessures, ses hésitations
Je suis comme je suis, tu es comme tu es
Forever parfaitement imparfaits
Je suis déjà entière et tout à fait là 
Sans désir de me vautrer dans le caca

Cela dit des zones collent encore
Des interactions serrent les fesses
Des patrons de compensation
Je le vois en moi je le vois en toi
Peut-être existe-t-il un chemin simple vers plus de liberté
Un dénoué durable et satisfaisant
Un bien-être stabilisant
Pour la vie de tous les jours
Et dans les liens familiaux lieux ancestraux
Au sein d'une équipe ou dans une grande corpo
I gotta check it out, so I know
Les gens sont-ils prêts à se rencontrer
Suis-je rendue adulte, capable de m'assumer

Nous sommes trésors cachés, richesses enfouies
Pour exposer joyaux, un fond de courage est requis
Créer de nouvelles associations entre plaisir et authenticité
Les autres options devenues trop lourdes à porter











lundi 30 mai 2016

Devenir molécule


On me dit qu'on la choisit
Sa topographie 
Naitre troisième dans une famille de six
Opter pour un noyau 2 parents 2 flos
Être premier et dernier, solo famille mono 

Tu te frottes coinces aimes chiales soutiens compares et chill
Dans une talle plus ou moins fonctionnelle
Ou tu passes maitre à l'art de t'amuser tuseule, le luxe de la rêverie
A mommy just for me

But where is everybody

Sans planif sans stratégie
Ça te façonne un mode de vie
Ta façon d'être au monde, la pente de ton penchant
Dis-moi si c'est naturel comme respirer d'être relié, es-tu pilier de tribu
Es-tu de masse proton ou neutron, bien à ta place au centre
De tes familles atomiques
Es-tu électron libre sautillant, bougeant plus vite que vent
Sans densité, champ de probabilités, nous disent les quantiques
Oeuvrant toujours en périphérie
Allo-bye-it-was-lovely


*
Comme pour la petite fille unique avec ou sans broche
Qui se mûrit démêle et s'enchevêtre la caboche
Ses jours s'égrainent sur fleuve tranquille en terre éclatée
Dieu merci pour les camps d'été
À intensités variables et des années durant
Un parfait terreau à tiraillements

Tiraillée entre aller voir le monde
Aller jouer dehors 
Viens voir le monde, le monde veut te voir
Ou doucement disparaitre, filer.
Désir ardent de connecter, avec elles avec eux
Petits malaises annonçant le sauve-qui-peut
Monture à deux ou quatre roues
Toujours à la porte, au garde à vous
Prête pour la grande échappée, le calme familier
Laisser derrière les maladresses les détours obligés

Côtoyer les amis oui. Bains d'amour bains de foule aussi.
La configuration par défaut demeure cependant
Bouger et vivre seule comme penchant dominant

Mais kekchose s'annonce depuis un boutte
Avec cette manie de dire oui à toute
D'électron libre je suis à

Devenir molécule
Vous me trouverez ici.

Vivre l'isolée du radical recueillement, se faire décoiffer par le vent
Développer de nouveaux réseaux, repos sur bord de l'eau
C'est ce qu'il fallait on dirait
Pour apprécier d'être reliée
Pour avoir faim d'être en lien


*
Passé une fin de semaine retentissante de vie fun convivialité
De familles-molécules j'étais entourée
Des accros de vélo, retrouvailles et amitiés
Gestion de bobos, logistique des repas
Gratitude pour la grande véranda  
Habitués de s'entendre et de ne pas toujours s'écouter
Habitués de fonctionner à même ce tissage serré


*
Un vendeur de cosmic debris me dit que dans ma dernière vie
J'avais sous ma charge des centaines d'enfants orphelins et j'aurais donc décrété pour cette vie-ci : 
Achâlez-moi pas 'stie!

À toute charge karmique sa date d'expiation
Mon Âchale-moi pas se transforme en Come to mama
Be careful what you wish for?
No, too careful I won't be no more






























samedi 30 janvier 2016

Me and the city



























And so she tells me
I'm not meant to just take it easy

Flowing with ease, yes
Too comfy in statu quo, no

My soul is old and strong and this life is not meant for sleep
I delight daily in a bucolic riverside paradise
So dear and sweet, so perfect and peaceful
But I must prepare to leave. Not let beautiful cedar trees become a hide-out.

Ready for big city rise up shake down
To root in amongst crowded sidewalks, panhandlers and experimental trends
The biggest the better I'm told
Drop the illusion of control that is, be bold
Bigger than quiet Ottawa or familiar Montréal or la trrrès belle ville de Québec
Perhaps big TO or the Big Apple
Who will it be, the lucky winner
Of what I have to offer

I must oh-I-must follow this new wave naturally
As I sniff out the incoming winds, catching the subtle winks
Orienting me exquisitely
To the whens the hows and the synchronistic ouis

So what's in it for me in the land of Carrie?
What is mine to discover will be yours to savour
Since we share that Original link
Connecting the dots connecting us
In a seamless way, without a fuss