samedi 15 novembre 2014

quel beau chemin que le mien



c'était l'année passée
je marchais sur le sentier de foin aplati
j'avais l'humeur aplatie aussi
fin d'après-midi désoeuvrée sans but sans calme
au moins je marchais dehors
à travers champs réchauffés par la fin d'été

je m'arrête j'aperçois une petite boule poilue noire
au bout d'un brin d'herbe
je plis genoux zoom in constate que c'est une chenille
au bout de son chemin faisant, à rythme lent
sa guidance intérieure, sa drive primordiale
ce qui fait avancer mille-pattes
spinner galaxies et pomper sang
l'a guidée vers la cime du foin
le bout du gazon la tête d'un brin
elle n'y trouvera ni eau ni nutriment
qu'elle n'aurait trouvé plus facilement
au raz-du-sol
son chemin l'a amenée là
dans une apparente impasse
avec besoin éventuel de rebrousser chemin
un détour qui lui coute beaucoup d'énergie et de temps
en plus elle a délaissé le couvert des herbages
la protection de l'humus

la voilà bien visible à bout de tige
qu'elle fait courber légèrement de son poilu poids plume

le croiriez-vous
que d'apercevoir une chenille équilibriste à la confiance aveugle
puisse apaiser l'esprit

qu'en laissant dame slowmotion
à l'exploration des sommets herbacés
ma route j'ai continuée
mon pas plus certain
pensées moins dispersées

puisque c'est naturel
naturel évidemment
de se trouver chenille-en-suspens

n'y-a-t-il pas multitude
dans les expressions bizarres du vivant
parcours à détours, les causes à effets qu'on ne peut disséquer
des biologies en apparence complètement fuckées
le règne animal qui se tire dans le pied
des élans détracteurs-mêmes de l'instinct de survie 
comme ma coloc qui se fit hara-kiri
c'était une plante et elle poussa plus tronc que racine
ses tuteurs confisqués, elle se destinait à tomber
ce qu'elle fit finalement
malgré tous mes encouragements
à se tenir debout

la chenille funambule s'affichait sans stress ni résistance
abandonnée dans le sens bon d'abandon
était-ce rumi ou encore hafiz qui dit:
who ever brought me here
will have to take me home

well until then,
descendue de la haute tourelle
j'ai le pied qui se plante bien
je trace un chemin bien à moi
quel beau chemin que le mien



1 commentaire:

  1. la Terre porte toujours un nom féminin
    parce qu'elle donne la vie, peut-être.
    Terra, Gaïa, Mother Earth
    Father Earth is by far gone
    la Terre a donné naissance à des millions de formes de vie,
    dont une petite chenille au bout d'un brin d'herbe
    qui se balance au gré du vent
    dont une femme qui la regarde se balancer,
    étonnée, émerveillée avec raison.
    qui sommes-nous, où allons-nous ?
    questions sans réponses
    le chemin de la dame peut-être parsemé de fleurs
    le chemin de la dame peut-être parsemé de pleurs
    le chemin de la dame se trouve dans sa tête, selon sa perception
    et pendant ce temps-là un maëlstrom d'êtres vivants
    tourne et grouille sous ses pieds, à ses côtés, au-dessus d'elle.
    Gaïa crée la vie et la tue simultanément.
    Oooommmmm, carpe diem.
    oui, saisissons le temps sans l'arrêter.
    quel beau chemin que le sien, que le nôtre.
    merci mapi pour ces belles réflexions
    devant un papillon à devenir.
    Ooommmm, introspections légères, évanescentes.
    merci en ce jour le plus court.
    merci en cette nuit la plus longue.

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